Engagez-vous : le Relais ou la R&D solidaire !

L'isolant made in Relais !

L’association Le Relais collecte chaque année, via les sacs que tout le monde connaît, ou les containers éparpillés sur le territoire, des tonnes de vieux vêtements. 85 000 par an sur toute la France (28 structures), 16 millions de sacs, pour cette entreprise née à Bruay-la-Buissière en 1984. Avec une forte marge de progression : seul 20% du textile est collecté ! Si la majorités de ces vêtements est réemployée telle quelle (6% en boutique, 49% à l’export), une partie devient chiffon (10%) et une autre (25% – dont beaucoup de jean) sert également à fabriquer… de l’isolant pour bâtiment ! Un procédé original et inédit, mis en place avec des étudiants nordistes, notamment de l’Icam (école d’ingénieurs lilloise), qui, depuis 9 ans, rencontre un succès croissant. Des étudiants de l’Icam et des Mines de Douai travaillent également pour repenser les containers du Relais, alliant « contraintes esthétiques, financières et réglementation pour l’accessibilité. Nous faisons beaucoup de R&D, notamment pour diminuer nos 10% de déchets », détaille Fabien-Denis Beauprez, responsable partenariat. Le Relais se développe sans cesse, « nous en sommes à la 2ème génération de donneurs, quand j’étais petit, nous faisions le sac ! » Les projets internationaux s’étoffent. « Nous avons racheté une ancienne usine de voitures pour y implanter nos bâtiments de recyclage textile. Mais il restait des pièces en stock : nous les avons assemblées et avons produit des voitures », relate Fabien-Denis. Le projet a tellement fonctionné que les organisateurs ont décidé de continuer cette folle épopée, en créant un modèle de toutes pièces. « Nous serons les seuls fabricants de voitures en Afrique ! »

Économie solidaire, secteur d’avenir

Jeunes devant des ordinateurs à Madagascar

Conception du futur modèle à Madagascar

Paul Marguet termine ses études à l’Icam au moment où est lancé le projet à Madagascar. Ce jeune homme engagé ne se voit pas exercer son métier d’ingénieur « dans une entreprise qui avait pour unique but, le profit. Je souhaitais une dimension sociale et solidaire ! C’est ainsi que j’ai rejoint le Relais à Madagascar pour mon stage de fin d’études. » Il aide à mettre au point le châssis métallique de la future voiture, la Mazana 2, qui sera produit sur place, tout comme la carrosserie et l’intérieur. Seules suspension et motorisation seront importées. « Nous allons produire un 4×4 adapté aux conditions d’Afrique de l’Est, poussières, environnement salin, climat…, et aux populations, avec un prix inférieur à la concurrence. Et surtout, nous allons préserver les 60 emplois ainsi créés, et embaucher des ingénieurs malgaches. » Le jeune homme cherche désormais un emploi dans l’économie solidaire, tandis qu’un de ses camarade de l’Icam a pris la suite, « ils sont en phase de prototypage, puis d’essais », première voiture attendue courant 2013 ! Constat de Fabien-Denis : « l’économie solidaire, c’est 12% de croissance chaque année. Aujourd’hui, notre frein, c’est plus de recruter des jeunes ! Des idées, nous en avons plein des placards, des financements, on en trouve ! Rejoignez-nous à la fin de vos études. » Et de citer l’exemple d’une de ses collaboratrices : « sortie d’HEC, elle s’ennuyait chez Nordnet. Elle nous a aidé ici pendant deux ans, désormais elle crée un nouveau Relais ! Un autre choix de vie est possible ! Vous n’êtes pas obligé de bosser et faire du bénévolat à côté, travaillez dans l’économie solidaire ! »

S. Morelli


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