Les jeunes participent au Grand Débat : la démocratie et la citoyenneté (2/5)

Le Grand Débat National se clôt vendredi 15 mars. Il est encore temps de donner votre avis, via la page Facebook Entendre la France, en quelques clics seulement. Nous laissons la parole aux jeunes des Hauts-de-France qui ont contribué sur la plateforme. Aujourd’hui, le sujet est la démocratie et la citoyenneté !

Démocratie et citoyenneté

Comment inciter les citoyens à participer davantage aux élections ? Que faudrait-il faire pour mieux associer les citoyens aux grandes orientations et à la décision publique ?

L’éducation semble la clé. « Informer davantage sur l’importance du vote dès le collège », affirme une jeune Pas-de-Calaisienne. « C’est primordial de démontrer l’importance de la démocratie et de la vie citoyenne à l’école, martèle une étudiante nordiste. Malheureusement les cours d’éducation civique qu’on a jusqu’au lycée sont inexistants ou alors trop peu présents pour être efficaces. » Pendant qu’un étudiant de l’Oise estime qu’il faudrait « rendre le vote obligatoire », un autre du Nord évoque l’idée de « pouvoir voter en ligne ». Tout en ne négligeant pas le vote blanc. Il faudrait « (les) comptabiliser et refaire un scrutin avec de nouveaux candidats si les votes blancs sont majoritaires », avance une jeune nordiste rejoint par une autre étudiante du département qui ajoute que « les référendums sont intéressants pour impliquer les citoyens dans les décisions du pays ou même au niveau local. »

Que pensez-vous de la situation en France aujourd’hui et de la politique migratoire ? Quels sont, selon vous, les critères à mettre en place pour définir la politique migratoire ?

Sur cette question, la plupart des opinions se rejoignent : continuer d’accueillir mais autrement. « La France est et a toujours été une terre d’accueil. Il faut que l’on continue cette mission. Mais il ne faut pas se laisser déborder par une crise qui ne doit pas concerner que notre pays. Il faut les répartir de manière égale sur l’ensemble du territoire européen et les former pour qu’ils puissent reprendre en main leur pays d’origine », avance un étudiant du Nord. Pour un jeune diplômé, « il faut accepter les migrants qui fuient des conditions terribles. Mais il faut les accompagner après, les intégrer, et leur apprendre notre culture sans écraser la leur. C’est très délicat, mais faisable. » D’autres, comme ce jeune nordiste, estiment qu’il faut « réduire le flux migratoire » et « être plus sélectif ». Une vision que ne partage pas cet étudiant nordiste : « la seule politique migratoire qui devrait être envisagée est une politique d’accueil pour ceux qui fuient ou qui cherchent mieux. Il ne faut pas refouler les migrants à la frontière de l’Europe, ni les expulser. » Une opinion à laquelle s’associe cet étudiant de la Somme : « nous devons et pouvons accueillir plus et nous nous devons de le faire selon moi. »

Que proposez-vous pour renforcer les principes de la laïcité dans le rapport entre l’Etat et les religions de notre pays ?

 Pour certains, comme cet étudiant originaire du Nord, « la laïcité est très bien organisée au sein de notre pays ». Un autre estime également que « le principe de laïcité est plutôt bien respecté dans notre pays », mais que « la sensibilisation à l’école pourrait être approfondie ». Ce jeune nordiste estime, pour sa part, que « la définition de la laïcité est à revoir. (…) Je suis pour la reconnaissance de la liberté de décision religieuse chez les personnes majeures et donc le port du voile, d’une croix ou autres signes religieux qui ne concernent que l’intéressé(e) et qu’il convient à tous d’ignorer. L’Etat ne reconnaît aucune religion mais permet de pratiquer sa religion librement. Cependant, l’État a aussi pour rôle d’assurer le respect de la vie en société et des valeurs de la France qui sont bafoués par de nombreuses religions où des niches intégristes qui persistent car l’État n’assure pas de contrôle. » Pour cet étudiant samarien, « il faut tolérer le voile simple mais pas aller plus loin, il faut laisser aux juges l’appréciation entre la liberté de culte et de conscience et le prosélytisme. Il faut appliquer à la lettre la CEDH (ndlr Convention européenne des droits de l’Homme), cependant chaque entreprise est libre de dire si elle accepte ou non le voile pour des raisons pratiques ou inhérentes à l’exercice des fonctions. »

Quelles sont les discriminations les plus répandues dont vous êtes témoin ou victime, et que faudrait-il faire pour lutter contre celles-ci et construire une société plus solidaire et tolérante ?

En tête de ces discriminations, « racisme, homophobie, islamophobie », pour une étudiante nordiste. « Sexisme, homophobie, discriminations sociales », pour une jeune Pas-de-Calaisienne. Et pour cette étudiante de l’Aisne : « sexisme, racisme, violences éducatives ». Un jeune nordiste plaide en faveur de la communauté LGBT et pointe le ras-le-bol « des victimes qui en ont marre de se taire. (…) Il faudrait plus de prévention au niveau scolaire en inscrivant au programme une éducation à la sexualité et réaliser des sensibilisations comme peuvent le faire les associations. » Toujours en matière de discriminations, un autre Nordiste estime que « la plus évidente à (son) sens, c’est la discrimination socio-spatiale, les banlieues précaires vs les centres villes, etc… L’égalité des chances n’existe pas. (…) Le déséquilibre est induit par l’éducation. Il faut changer le système éducatif, sortir de la concurrence systématique, valoriser l’élève… Ça passe par un changement de système de notation, de système de points des enseignants en revalorisant l’enseignement en banlieue. »

Quelles sont, selon vous, les modalités d’intégration les plus efficaces et les plus justes à mettre en place aujourd’hui dans la société ?

En première modalité revient avec insistance l’apprentissage de la langue. « Parler le français, ou au moins l’anglais », avance un jeune diplômé travaillant dans le Nord. « Quelqu’un qui veut devenir Français doit savoir parler la langue et être motivé », affirme une étudiante nordiste. « Pour bien s’intégrer, il faut connaître la langue du pays d’accueil. Il faudrait qu’ils se forment au français pendant 1 voire 2 ans. Une formation sur l’apprentissage de la culture française est également importante pour s’intégrer », estime ce jeune Pas-de-Calaisien. D’autres étudiants proposent de modifier les modes d’intégration, notamment cet Axonais : « mélanger les migrants à la population et ne pas les laisser ensemble au même endroit ». Une jeune nordiste souhaiterait tout simplement que « les personnes qui viennent en France puissent retourner dans leur pays dans de bonnes conditions si elles le souhaitent, ou puissent rester avec une prise en charge humaine. »


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