Emplois Hauts-de-France 2019 : le textile (11/13)

Secteur historique et emblématique de notre région, le textile se caractérise par des innovations et des nouveaux métiers qui dynamisent le secteur.

textile

Un secteur taillé sur mesure

Quand on évoque l’industrie du textile, on pense instinctivement aux vêtements et à la mode. On la retrouve pourtant dans une multitude d’autres utilisations : filature, tissage, tricotage, impression, teinture, dentelle, production de textiles non tissés… L’industrie du textile compte environ 60 000 salariés en France, en légère hausse depuis quelques années (2000 emplois supplémentaires en 2017). Et les Hauts-de-France pèsent lourd dans ce secteur avec plus de 11 700 salariés, soit plus de 19% des effectifs nationaux. Indiscutablement, le textile est un fleuron de la région. Que ce soit dans les domaines du bagage, maroquinerie et sellerie (Les Ateliers de Verneuil-en-Halatte dans l’Oise ; Selmo-Jelen dans le Pas-de-Calais), des fibres naturelles et tissus tous types (Dikson Constant dans le Nord ; Lainière de Picardie BC dans la Somme), du vêtement (Kindy Bloquert dans l’Oise ; Société de confection Balsan dans le Pas-de-Calais) ou des autres produits textiles (Établissements Lucien Noyon dans le Pas-de-Calais ; YKK France dans le Nord), les Hauts-de-France comptent de nombreux sites industriels.

Le secteur a connu de nombreuses secousses au cours des dernières décennies. La délocalisation de la production, à destination de l’Asie notamment, pour réduire les coûts a profondément marqué l’économie régionale. Le textile a dû opérer une mutation et se tourner vers de nouvelles formes de produits plus innovants afin de rester en compétition. La France se positionne aujourd’hui comme le deuxième producteur européen, derrière l’Allemagne, de textile à usage technique.

Le renouveau du textile

Les secteurs d’activité traditionnels – haute couture, design, déco, maroquinerie – sont toujours d’actualité dans l’économie française (la France reste le premier acteur mondial dans la mode et le luxe), mais le textile a pris la voie de la modernité en se tournant vers des produits innovants tels que le textile technique (la France est le deuxième producteur européen après l’Allemagne). Ce secteur connaît une croissance annuelle de 4% et représente 15 à 20% du chiffre d’affaires total. Les Hauts-de-France comptent 150 entreprises spécialisées dans cette branche. Autre point fort, la présence du Centre européen des textiles innovants (CETI) à Tourcoing, inauguré en 2012, qui se définit comme « un lieu pour concevoir, expérimenter et prototyper les nouveaux produits et matières adaptés aux tendances et besoins de demain. » Un outil formidable mis « à la disposition des entreprises pour encourager et accélérer l’innovation dans les textiles. » Objectif : poursuivre la transition du textile vers l’ère moderne pour préserver la prédominance de la région dans ce secteur.

De nombreuses voies d’études

L’industrie du textile recrute à tous les niveaux de qualification ! Du CAP au Bac pro, où se concentrent près de 97% des étudiants, aux écoles d’ingénieurs (ENSAIT à Roubaix ou la filière textile à HEI Lille) ou de stylisme (ESMOD à Roubaix) en passant par les BTS Mode ou Design, il y a de nombreux débouchés quel que soit le diplôme obtenu. D’autant que d’ici 2020, un quart des effectifs partira en retraite et devra donc être remplacé, soit à peu près 4000 postes à pourvoir dans la fabrication, l’assemblage et la logistique. S’ajoute à cela, le besoin croissant d’ingénieurs textile sur des domaines d’activité stratégiques : les structures textiles, les textiles interactifs ou encore les éco-matériaux textiles. Le secteur peine à recruter, faute de candidats qui s’orientent plus facilement vers le commerce et la distribution. Il y a donc une belle carte à jouer dans les années à venir dans un secteur dynamique et porteur.

Élise Delzenne, ingénieure textile pour le vélo de route

Eise DelzenneParcours :

« Après l’obtention du bac S, j’ai fait un BTS Assistance technique d’ingénieur à Gustave Eiffel à Armentières. Lorsque j’ai décroché mon diplôme, j’ai enchaîné sur un cycle d’ingénieur en trois ans en alternance à l’ENSAIT de Roubaix. Je travaillais en parallèle pour une entreprise de non tissés à Bailleul. »

Métier :

« Pendant quatre ans, j’ai été cycliste professionnelle. J’avais un partenariat technique avec Décathlon, et on m’a proposé le poste d’ingénieur textile pour le vélo de route. Mon but est de développer des gammes de produits pour femmes, autant pour celles qui débutent dans le cyclisme que les expérimentées. Je suis cheffe de projet, c’est-à-dire que j’interviens sur le choix du textile, je contacte les fournisseurs, je gère les problématiques de produits et j’analyse les retours clients. L’avantage de ce métier est que je collabore avec l’ensemble des branches de l’entreprise. C’est transversal ! »


À lire aussi :


On vous recommande

Laisser un commentaire

Veuillez compléter l'operation pour poster votre commentaire *

*champs obligatoires