Emplois Hauts-de-France 2019 : la santé (10/13)

Vieillissement de la population, situation de dépendance, aide à la personne, le secteur souffre encore d’un déficit de personnel. D’autant que la région en a grandement besoin face à plusieurs problématiques inquiétantes.

Hôpital

La région est fébrile

Toutes causes de décès confondues, la mortalité dans les Hauts-de-France est supérieure de 20% par rapport aux valeurs nationales. Le diagnostic est sans appel. Toutes les courbes régionales (cancers, maladies de l’appareil circulatoire, causes extérieures de traumatismes et empoisonnements, toutes autres causes de décès) sont au dessus des indices nationaux. L’espérance de vie des habitants de la région est en moyenne inférieure de 2,5 ans : 75,3 ans (région) chez les hommes contre 78,1 ans (France) ; 82,7 ans chez les femmes contre 84,8 ans. Les Hauts-de-France, troisième région la plus peuplée, apparaissent fragilisés quant à l’état de santé de sa population. Et il existe une disparité au sein du territoire. La Côte d’Opale, le bassin minier, le Hainaut, la Thiérache, le nord de l’Aisne et l’est de la Somme sont plus fortement touchés que le reste de la région.

Pourtant, beaucoup de conditions sont réunies pour que les Hauts-de-France figurent parmi les territoires offrant les meilleures perspectives d’avenir. La région est la deuxième plus jeune du pays, derrière l’Île-de-France. Le taux de natalité est supérieur à la moyenne nationale. La maternité Jeanne-de-Flandre à Lille est la plus importante de France métropolitaine, avec plus de 5500 naissances annuelles.

Au total, la région compte 120 établissements de santé (59 publics et 61 privés), près de 18 000 médecins dont la moitié de généralistes et l’autre moitié de spécialistes, plus de 56 000 infirmiers et infirmières, 7000 masseurs-kinésithérapeutes et près de 6500 pharmaciens pour environ 2100 officines.

Les métiers en tension

Parmi les disciplines les plus activement recherchées, les médecins spécialistes : ophtalmologues, radiologues, psychiatres, gynécologues, cardiologues, dermatologues… Un déficit se fait également ressentir dans le secteur du paramédical. Avec le vieillissement de la population, l’accentuation des phénomènes de dépendance, couplés à de nombreux départs en retraite, le besoin de nouvelles recrues est urgent : infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, auxiliaires de puériculture… En sachant qu’il y a une volonté de promouvoir le personnel hospitalier. De nombreux postes de cadres de santé vont se libérer dans les années à venir. Par ailleurs, les établissements d’accueil des personnes âgées s’inquiètent du manque de moyens et militent pour une augmentation des effectifs et pour le développement des soins à domicile. Selon l’Agence régionale de santé, 300 000 postes seront à pourvoir d’ici dix ans dans la prise en charge des seniors.

Depuis cette année, les Hauts-de-France expérimentent la télémédecine. En présence d’un infirmier qui manipule les outils (stéthoscope, tensiomètre…), le médecin pratique la consultation sur écran et fournit ensuite ordonnance et feuille de soin si nécessaire. Une solution pragmatique pour lutter contre les déserts médicaux.

Le secteur privé en bonne santé

En matière d’économie, le secteur privé de la santé dans les Hauts-de-France peut s’appuyer sur plusieurs points forts. La région se classe deuxième en ce qui concerne la vente d’équipements médicaux et hospitaliers et première sur les textiles techniques appliqués à la santé. Par ailleurs, de grandes firmes ont élu domicile sur notre territoire : le siège social de Bayer France situé au Parc Eurasanté à Loos ; GSK Vaccines (plateforme de fabrication de vaccins) à Saint-Amand-les-Eaux ; Tate & Lyle (centre de recherche) sur le parc de la Haute Borne à Villeneuve d’Ascq ; Nestlé (usine spécialisée dans les produits infantiles et cliniques) à Boué dans l’Aisne… Des groupes renommés qui recrutent en continu.

Quentin, diététicien à Roubaix

Quentin RabetteParcours

« Après avoir obtenu le bac S, je suis parti en DUT Génie biologie option diététique à l’IUT A de Villeneuve d’Ascq. J’avais déjà une sensibilité dans ce domaine. À l’origine, j’étais attiré par tout ce qui touchait à la nutrition dans le sport. Puis, au fur et à mesure de mon cursus, je me suis découvert un intérêt pour les maladies chroniques. J’ai tout de même souhaité obtenir une licence STAPS à la faculté de sport de Ronchin pour compléter mon univers avec de l’activité physique. Aujourd’hui, j’ai une double casquette qui me permet de me démarquer des autres. »

Métier

« Je travaille en tant que diététicien pour l’unité médico-chirurgicale d’obésité rattachée au centre hospitalier de Roubaix. Nos locaux sont en dehors de l’hôpital et nous n’exerçons pas en blouse, ce qui crée une ambiance moins pesante pour les patients. J’interviens dans l’accompagnement et la prise en charge nutritionnelle de personnes diabétiques (adaptation de traitement) ou présentant des troubles du comportement alimentaire (préparation à la chirurgie bariatrique). En moyenne, je vois 5 à 10 patients par jour : le matin, en consultation de bilan, et l’après-midi, en consultation de suivi. »


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