Emplois Hauts-de-France 2019 : l’industrie (8/13)

Le secteur industriel en Hauts-de-France ne cesse de décroître : baisse des effectifs, diminution du poids économique… Pourtant, l’avenir n’est pas morose, au contraire ! L’industrie est en pleine mutation et de nombreux emplois vont se créer dans les années à venir.

Semaine de l'industrie

Une mutation en cours

L’industrie française ne connaît pas la même harmonie en fonction des régions. Là où la Bretagne et la région Auvergne-Rhône-Alpes se présentent comme des pôles dynamiques qui voient s’implanter de nouvelles usines, les Hauts-de-France, au même titre que le Grand Est, sont à la peine. Entre 2009 et 2017, la région aurait perdu plus de 18 000 emplois dans le secteur. À l’échelle nationale, le poids de l’industrie a chuté, passant de 16,5% du Produit intérieur brut (PIB) à 12,5% aujourd’hui. Pour autant, elle pèse encore lourd dans l’économie régionale, avec 301 700 emplois (chiffres de la Région), soit près de 14% du total des effectifs salariés du territoire. L’industrie agroalimentaire (51 000 actifs) fait figure de locomotive, suivi par la métallurgie (41 000 ouvriers), les usines de produits en caoutchouc, en plastique, en verre (35 000), les entreprises de matériels de transport (33 000), l‘industrie chimique (17 500).

Les perspectives d’avenir sont encourageantes. Premier point, le secteur industriel a connu un rebond en 2017, qui s’est confirmé en 2018, tant en matière de chiffre d’affaires que d’investissement, ce qui a engendré la création de 2000 emplois. Deuxième point, le programme régional « Rev3 » vise à préparer les Hauts-de-France à la transition énergétique et numérique. Ainsi, la Région développe des grands projets et sollicite ses partenaires pédagogiques pour former les jeunes aux métiers de demain et balayer l’image négative et désormais révolue de l’industrie.

Les valeurs sûres

Troisième point, certains secteurs font toujours les beaux jours des Hauts-de-France. En tête de liste : l’automobile ! Avec 55 000 salariés, 100 000 avec les garagistes et les concessionnaires, la région peut se targuer d’être la première productrice de voitures de France (700 000 par an), avec la présence de Toyota à Onnaing, Renault à Maubeuge et PSA-Sevelnord à Lieu-Saint-Amand. Ajoutons que tous les composants d’une automobile peuvent être produits localement : pneus, tableaux de bord, boitiers de vitesse, moteurs etc. avec Bridgetstone à Béthune ; les toits intérieurs avec l’usine Groupo Anolin à Hénin-Beaumont… Le « made in Hauts-de-France » prend tout son sens. Et plusieurs entreprises de la région exportent. C’est le cas de la société Dourdain, à Saint-André-lez-Lille, qui fabrique les insignes de célèbres marques de voitures anglaises.

Autres valeurs montantes dans la région : l’industrie chimique ! Notamment dans le dunkerquois, avec la mise en service de l’usine de phosphate Aliphos, l’ouverture de nouvelles lignes de production chez Minakem et l’implantation, validée en 2018, du géant mondial de la chimie, SNF Floerger.

Investissements étrangers

Enfin, quatrième point qui augure de belles années à venir pour l’industrie dans les Hauts-de-France, la venue d’investisseurs étrangers sur notre territoire, et tout particulièrement de mastodontes chinois. C’est le cas de l’entreprise Pangniu Food, spécialisée dans les produits à base de soja, qui a implanté une usine dans l’Aisne, et du constructeur de bus électriques, fleuron de l’économie de l’Empire du Milieu, BYD. Ces arrivées ont été accompagnées d’investissements conséquents et de créations d’emplois. Les industriels étrangers mettent en avant le savoir-faire, l’art de vivre et le prestige de la France pour justifier leur choix de s’implanter ici. La situation géographique des Hauts-de-France est assurément un atout. L’avenir semble donc promis à de belles perspectives et la région a de très belles cartes à jouer.

Héloïse, étudiante en BTS Europlastic et composites

HeloiseParcours

« J’ai effectué un bac professionnel Technicien d’usinage au lycée Gustave Eiffel d’Armentières. Et là, j’ai intégré un BTS Europlastic et composites au lycée Beaupré d’Haubourdin, en internat. Tout se passe bien, j’ai 17 de moyenne générale. La mention « Euro » signifie que l’on a un stage de neuf semaines à faire à l’étranger en deuxième année. Je sais déjà que j’irai travailler pour une entreprise en Allemagne. Je suis contente car les Allemands ont la réputation d’être très organisés, très carrés et à la pointe de la technologie en matière industrielle. »

Métier

« Je suis ouverte concernant le domaine d’activité. J’aurais aimé travailler dans l’aéronautique, mais le marché semble précaire. Tout ce que je sais, c’est que je ne souhaite pas rester dans un bureau. J’ai envie d’être dans la partie fabrication : ouvrière ou chef d’atelier. Et le bac pro que j’ai fait me confère un avantage puisque je connais le processus de conception des moules dans lesquels on injecte la pièce que l’on souhaite créer. »


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