Emplois Hauts-de-France 2019 : le commerce (5/13)

Grâce à la croissance fulgurante du e-commerce, le secteur se porte toujours bien. Néanmoins, l’augmentation des ventes en ligne et le changement de comportements d’achat ont un sérieux impact sur le commerce traditionnel.

Galerie marchande

L’ogre Internet

Le commerce en ligne ne cesse de s’accroître en France. Alors que 2017 battait déjà tous les records, 2018 en fait de même, avec des chiffres ahurissants, notamment lors d’opérations du type « Black Friday » ou « Cyber Monday ». Au 1er trimestre, le chiffre d’affaires du e-commerce progressait de 13% par rapport à 2017. Fin 2018, c’est 15,4% de croissance (chiffres de la Fevad, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance). La barre des 90 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel est atteinte. Celle des 100 milliards est pour 2019 !

Les Hauts-de-France sont historiquement très impliqués dans la vente à distance avec des enseignes telles que La Redoute, Damart (Roubaix) ou encore Les 3 Suisses (Villeneuve d’Ascq). Au total, on dénombre près de 200 entreprises spécialisées dans la VAD pour plus de 30 000 emplois. Désormais talonnée par le e-commerce qui comptabilise 20 000 salariés répartis dans plus de 160 sociétés, dont Amazon (Lauwin-Planque), Egencia, Booking.com (Tourcoing)…

Personne n’échappe à la vente en ligne, y compris les géants du retail (vente au détail) présents sur notre territoire : Auchan (Croix), Décathlon (Villeneuve d’Ascq), Leroy Merlin (Lezennes), Castorama (Templemars)… À tel point que la Région a décidé de donner un coup de pouce aux très petites entreprises (moins de 10 salariés), dont le chiffre d’affaires est inférieur à 1 million d’euros, pour les accompagner dans la création de leur site marchand sur Internet. Ceci augure donc un besoin de personnel qualifié dans les années à venir.

Des métiers en recherche

L’avenir du commerce est en ligne. Même le commerce de gros (ce qu’on appelle le commerce inter-entreprises ou B to B) s’y met. De nombreux métiers sont directement concernés par l’explosion du e-commerce : les développeurs informatiques, les rédacteurs web, les référenceurs SEO, les gestionnaires de contenu, les infographistes…

Les consommateurs ou les acheteurs professionnels sont de plus en plus nombreux à effectuer leurs opérations via tablettes ou smartphones. Les comportements changent, et avec eux, les profils d’employés recherchés.

Le drive surfe également sur cette vague. Avec plus de 4 400 sites dédiés et des ventes en hausse de 9% cette année, le marché se porte bien. Auchan, en tant que pionnier (l’un des premiers drives français, Auchan Express, a vu le jour à Leers, dans le Nord, en 2000), continue de développer ce système. Les autres acteurs de la grande distribution suivent de près. Des postes en tant que préparateurs de commandes, dans la logistique, le transport, le service après-vente, seront à pourvoir en 2019.

La vente traditionnelle fragilisée

Le grand nombre de sièges sociaux de sociétés implantées dans les Hauts-de-France consolide la place importante de notre région dans le paysage économique français. Une position qui lui confère un statut particulier dans le secteur du commerce et de la distribution avec des retombées bénéfiques en matière d’emplois (chef de secteur, manager, acheteur, chef de produit, commercial grand compte…) nécessaires au bon fonctionnement des maisons-mères.

Cela étant, les mouvements sociaux des dernières semaines couplés à un sentiment de baisse de pouvoir d’achat nuisent à l’activité. Le commerce traditionnel en boutique en est la première victime. Les soldes d’hiver et d’été permettent encore d’attirer en masse les consommateurs mais seulement sur deux périodes de l’année. Les centres des moyennes et grandes villes connaissent d’ailleurs une progressive désertification depuis plusieurs années.

Matthieu, commercial grand compte à l’export

Matthieu DarrouzetParcours

« J’ai fait un bac ES avant d’intégrer une école de commerce. En troisième année, je suis parti à l’étranger pendant un an : 6 mois de stage à Amsterdam puis en échange universitaire en Afrique du Sud. Ça a été l’année la plus déterminante de ma scolarité. J’ai été livré à moi-même, plongé dans une autre culture… Mais ce n’était que du positif. »

Métier

« À la fin de mes études, je suis entré dans la grande distribution en tant que chef de secteur. J’intervenais sur les volumes de produits, la disposition en magasin et la partie promotion. C’est un métier essentiel pour se familiariser avec le monde du commerce. Après quelques années d’expérience, on peut devenir commercial grand compte, ce que je fais aujourd’hui. Je travaille à l’export. Mon rôle est de trouver des clients étrangers, cibler leurs besoins et montrer l’intérêt de collaborer avec nous. »

Conseils

« Un bon commercial n’est pas celui qui sait parler mais celui qui écoute. Son but est de proposer des solutions pertinentes au client qui lui permettront de développer son business. Il faut poser les bonnes questions et surtout, ne pas lui raconter n’importe quoi ! Un bon commercial doit assumer ce qu’il dit. »


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