Emplois Hauts-de-France 2019 : le bâtiment (4/13)

Le regain du secteur du bâtiment, constaté en 2017, s’est confirmé en 2018 avec des chiffres encourageants tant en matière d’activité économique que d’emplois.

bâtiment

Le BTP en reconstruction

Le secteur du BTP (bâtiment et travaux publics) reprend des couleurs depuis deux ans et se remet doucement d’une profonde crise qui l’a marqué entre 2008 et 2015 (la Fédération française du bâtiment constatait un recul de l’activité de 20% durant cette période). Les choses ont bougé et c’est tant mieux pour l’économie du pays, a fortiori pour notre région, la cinquième en matière d’effectifs salariés.

Les chiffres pour les Hauts-de-France sont globalement au vert, bien qu’ils soient légèrement en-deçà des moyennes nationales. Côté construction, les logements neufs aujourd’hui en chantier connaissent une hausse de 7,6% sur notre territoire (9,2% pour l’ensemble de la France). Les projets de futures habitations, ayant reçu l’autorisation, ont quant à eux grimpé de 4,5%, plus que la moyenne nationale (3,7%).

En ce qui concerne la mise en chantier de bâtiments non résidentiels (locaux industriels, bureaux, commerces…), les Hauts-de-France sont à la traîne par rapport aux autres régions : -3,8%. Cela étant, les autorisations de construction sont en hausse de 14%. Les perspectives pour 2019 sont donc intéressantes. D’autant que le futur centre commercial Lillenium est toujours en cours de construction et devrait être livré en novembre 2019.

Ajoutons que la Cellule économique régionale de la construction (CERC) Hauts-de-France a recensé auprès des communes et des intercommunalités 632 appels d’offres concernant des projets de travaux publics pour la période 2019-2023. Principalement dans le Nord, la Somme et le Pas-de-Calais.

Besoins de main d’œuvre

L’année dernière, 61 000 entreprises spécialisées dans la construction ont été créées en France. Dans la région, ce sont 3545 sociétés qui ont vu le jour, dont 17,3% micro-entrepreneurs. Pour répondre aux besoins, des embauches sont à prévoir. Les Hauts-de-France comptent plus de 105 000 salariés dans le secteur du BTP. Le nombre d’intérimaires a augmenté de 10,4% par rapport à 2017, et l’on constate une baisse des demandeurs d’emploi de 4,8% sur la dernière année. Le secteur compte majoritairement des artisans et des petites entreprises. Plus de 95% des sociétés comptent moins de 10 salariés.

Le bâtiment compte le plus d’entreprises et de personnels. Le gros œuvre, c’est-à-dire le terrassement, la maçonnerie, le coffrage, la charpente etc., représente 34% des entreprises. Le second œuvre, qui correspond aux travaux de finition et d’aménagement (toiture, isolation, peinture, électricité, plomberie, menuiserie, chauffage…), regroupe 59% des PME. Un salarié sur deux travaille dans le second œuvre.

En ce qui concerne les travaux publics, 7% des entreprises du secteur s’attellent à la construction ou l’entretien des routes, ponts, tunnels, canalisations, pistes d’aéroport… de la région.

Consolider sa formation

Au total, ce sont plus de 15 500 jeunes qui suivent actuellement une formation initiale en lien avec le secteur du BTP, dont 4600 en contrat d’apprentissage. De nombreux CAP forment aux métiers du gros œuvre et du second œuvre. Pour la partie travaux publics, chaque métier fait l’objet d’un CAP spécifique. Le bac pro vise, quant à lui, à élargir le champ des compétences. Les BTS apportent de la polyvalence et mènent notamment à la réalisation d’études, l’organisation de chantiers, la conduite de travaux… Le niveau ingénieur est requis dès que l’on touche à la conception d’ouvrage.

À noter que pour réussir dans le secteur du BTP, il est vivement recommandé de choisir la voie de l’alternance qui favorise l’apprentissage pratique et permet d’acquérir rapidement de l’expérience sur le terrain.

Victor, conducteur de travaux chez Bouygues Construction

Victor JungelsonParcours

« Après mon bac S, j’ai effectué un BTS Agronomie et production végétale. Je me suis rendu compte que ça ne me plaisait pas. J’ai donc fait une année de césure pendant laquelle j’ai travaillé pour une entreprise du bâtiment en CDD. En parallèle, j’ai réussi à obtenir mon diplôme. Mais comme je souhaitais poursuivre dans cette entreprise, je lui ai proposé d’entamer un BTS Étude et économie de la construction en apprentissage au lycée Ozanam. J’ai ensuite enchaîné sur un cycle d’ingénieur en trois ans à HEI Lille. »

Métier

« J’ai commencé il y a quelques semaines à Bouygues Construction en tant qu’ingénieur en conduite de travaux. On est sur des fonctions à la fois de manager, de mise en place d’un planning et de gestion des matériaux. L’objectif est de respecter le timing du chantier. Je dois fournir les matériaux nécessaires à la réalisation. En général, on travaille sur un seul chantier à la fois mais parfois, on peut être appelé en renfort sur celui d’un collègue. »

 Conseils

« Dans ce métier, on ne compte pas ses heures. On est sur le chantier dès 7h du matin jusque 19h. Pour devenir conducteur de travaux, on peut passer par une école d’ingénieurs ou un master Génie civile. »


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