Boucher de Perthes, seul lycée public à accueillir des EIP

Le lycée Boucher de Perthes d’Abbeville est le seul établissement public à accueillir des « Élèves intellectuellement précoces » (EIP) dans un cadre aménagé spécialement pour eux, avec accompagnement et ateliers pédagogiques en plus des cours magistraux.

Élèves EIP

Ennui, dyslexie, troubles de l’attention, du comportement… Ces signes peuvent indiquer qu’un enfant est considéré comme « Élèves intellectuellement précoces » (EIP). Certains collèges proposent un encadrement de ces jeunes pour les aider dans leurs études. Mais arrivés au lycée, ils se retrouvent bien souvent livrés à eux-mêmes et le décrochage scolaire revient de plus bel. Il existe quelques lycées privés qui ont mis en place des dispositifs pour les accueillir mais dans le public l’offre est inexistante.

Les EIP représentent 2 à 5% des élèves, dont 1/3 est en échec scolaire.

Le seul lycée public de la région

C’était sans compter sur le lycée Boucher de Perthes d’Abbeville, dans la Somme, qui en a fait son cheval de bataille. « Il y a trois ans, nous avons eu un élève détecté EIP qui était en échec scolaire, se souvient Marc Barbier, proviseur de l’établissement. Nous avons eu un déclic ! À l’échelle nationale, les EIP représentent 2 à 5% des élèves, dont un tiers rencontre de grosses difficultés scolaires. Nous avons 2400 inscrits dans l’établissement, donc potentiellement entre cinquante et cent jeunes qui peuvent être en réelle souffrance en cours, voire déscolarisés. »

À la rentrée 2017, l’établissement a accueilli quinze EIP en seconde. Cette année, « ces élèves sont passés en première, quinze nouveaux sont arrivés en seconde, et quatre EIP sont aujourd’hui en terminale », liste Valérie Lamblin, la proviseure adjointe. Au total, 34 adolescents sont inscrits au lycée Boucher de Perthes, l’unique dans la région, voire même le seul de France, à avoir mis en place un dispositif spécifique pour les EIP.

Leur redonner confiance

« Notre objectif est de leur donner l’envie de venir à l’école, de se sociabiliser, d’apprendre », souligne Marc Barbier. Dans les faits, les élèves suivent toujours les cours classiques avec les autres mais avec des temps pédagogiques supplémentaires. « Nous leur proposons des ateliers d’initiation à la philosophie. Les EIP s’intéressent beaucoup à l’Histoire-Géographie et la Philosophie. Ils sont en perpétuel questionnement sur la société qui les entoure et ils trouvent dans les enseignants de ces matières, des interlocuteurs qui les éclairent », note Valérie Lamblin.

Les cours se font en intégralité à l’oral, un format plus adapté aux EIP. Autre atelier : les temps de projet annexe. « Pour les secondes, ça porte sur la reproduction des plantes vertes. Pour les premières et terminales, c’est autour de l’astronomie », précise la proviseure adjoint.

Des résultats et une équipe investie

Et le résultat est au rendez-vous ! « Les élèves sont ensemble, ils se soutiennent. Nous ne leur imposons pas d’examens, ni de système de notation. On sent un épanouissement de chacun, moins de décrochage, moins d’absentéisme, des moyennes en hausse dans les autres matières », se félicite Marc Barbier. L’objectif désormais est de « pérenniser le dispositif », adopté non seulement par la direction mais aussi par les professeurs de l’établissement, dont une cinquantaine s’est inscrite à la dernière session de formation, « y compris des enseignants qui n’ont pas encore d’EIP dans leur classe », se réjouit le proviseur.


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