Le plus petit drone du monde « made in » Hauts-de-France

Conçu dans les laboratoires de l’IEMN de Valenciennes et des Arts et métiers de Lille, OVMI se présente comme le plus petit drone du monde. Encore au stade de prototype, le nano drone pourra, à termes, être utilisé dans plusieurs domaines stratégiques.

OVMI

Il peut entrer dans une balle de ping-pong sans même altérer son poids ! OVMI, objet volant mimant l’insecte, est un nano drone réalisé dans le laboratoire du Département opto-acousto-électronique (DOAE), rattaché à l’IEMN, sur le site de l’Université Polytechnique Hauts-de-France de Valenciennes, en collaboration avec le Laboratoire d’ingénierie des systèmes physiques et numériques (LIPSEN) du campus de Lille des Arts et métiers.

Le mouvement des ailes d’insecte est plus complexe à reproduire que celui des oiseaux

Le projet a débuté en 2006, sous l’impulsion du professeur Éric Cattan et sous la responsabilité désormais de son confrère, Sébastien Grondel, en charge de l’équipe bio-inspirée. Six doctorants se sont succédés et ont chacun apporté leur pierre à l’édifice. Le dernier en date, Mathieu Colin, diplômé des Arts et métiers préparant sa thèse au Laboratoire d’ingénierie des systèmes physiques et numériques (LISPEN) avec le professeur Olivier Thomas, s’attelle à chercher la bonne alchimie entre la géométrie du nano drone, « son design », simplifie-t-il, et la vibration des ailes.

Fabriqué à partir de matériaux polymères, pour obtenir « des propriétés mécaniques les plus proches de l’insecte », résume le doctorant, OVMI est doté d’un aimant jouant le « rôle de ce muscle thoracique qu’ont les insectes et qui permet le mouvement de flexion et de torsion des ailes », précise Sébastien Grondel. « L’agilité des insectes a un véritable intérêt scientifique, ajoute Mathieu Colin. Le mouvement des ailes est plus complexe à reproduire que celui des oiseaux. Il faut qu’on parvienne à utiliser les flux d’air (produits lors des battements) qui ont des caractéristiques particulières. »

Se diriger puis communiquer

La prochaine étape sera le décollage, puis la maîtrise du vol d’OVMI, « avec le développement d’un système de localisation dans l’espace, pour qu’il ne s’écrase pas sans arrêt », avance le professeur. Par la suite, « on s’attaquera à la communication entre plusieurs drones pour que l’on puisse former des essaims » qui pourront notamment servir dans les domaines de la sécurité et de la reconnaissance militaire.

À noter que le projet, chiffré à 800 000 euros depuis 2006, est à la fois financé par l’Agence nationale de la recherche, la région Hauts-de-France et par la Direction générale de l’armement (DGA).


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Vos commentaires

  1. drones
    Le 19/12/2018

    Il est vraiment minus, encore un drone dédié à la sécurité du pays et à l’armée.
    Par contre plus de 12 ans de recherches ça me paraît très long…



    • Dimitri Schlichter
      Le 19/12/2018

      Comme indiqué dans la vidéo, l’Université de Harvard aux États-Unis a lancé un projet similaire… en 1996. Et pour le moment, elle n’est pas plus en avance que l’IEMN de Valenciennes. Avec un financement, pourtant, bien plus important.
      Sinon, effectivement, il pourra servir dans le domaine militaire mais également dans l’intervention lors de catastrophes (incendie, tremblement de terre…)